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4月18日

Viols en vidéo sur Internet

BORDEAUX - Un Girondin de 28 ans soupçonné d'avoir violé trois mineurs et d'avoir diffusé sur Internet les images de ces crimes vient d'être écroué

  

  

Manifestement, les magistrats bordelais n'avaient encore jamais été confrontés à de tels faits. Jeudi, un habitant de l'agglomération, âgé de 28 ans, a été écroué à la maison d'arrêt de Gradignan pour avoir diffusé sur Internet, dans le cadre d'un échange de fichiers, des scènes de viol sur des adolescents ou des enfants de moins de 15 ans. Sur ces vidéos, il apparaît comme étant l'auteur des abus sexuels filmés.


Le parquet des mineurs du TGI de Bordeaux a ouvert une information judiciaire, et un juge d'instruction est chargé de l'affaire. Mis à part une condamnation pour conduite sans permis, le suspect n'était pas connu de la justice. Il est mis en examen pour viols sur mineurs et pour détention, enregistrement et diffusion d'images à caractère pédopornographique.
A priori, il s'agit d'un homme bien inséré socialement, d'un bon niveau de formation, célibataire et au-dessus de tout soupçon. Les trois victimes identifiées sont des garçons de son entourage, sans liens familiaux entre eux ni avec lui. Les faits semblent avoir couru sur plusieurs années, avec des enfants alors âgés de 10 à 15 ans environ.


À domicile. Les viols auraient été filmés au domicile du Bordelais, puis envoyés sur Internet dans le cadre de fichiers partagés. Lorsque ces abus ont été connus, les parents des victimes sont tombés des nues et ont déposé des plaintes. Jamais les enfants ne s'étaient plaints des mauvais traitements qu'ils subissaient, comme cela se produit régulièrement dans les affaires d'atteintes sexuelles en général ; la honte, la culpabilité ou les menaces empêchant les confidences.
Le pédophile a été découvert dans le cadre d'investigations menées sur le plan international en direction des internautes qui consultent, enregistrent ou diffusent des images de ce type sur la Toile. Dans le cadre de l'opération Dartagnan, les enquêteurs s'intéressaient de près à un habitant du Jura, lequel était en lien, par Internet, avec le Bordelais.
La semaine dernière, Les enquêteurs de la police judiciaire ont mené une perquisition au domicile du mis en cause, qui était en possession de milliers d'images pédopornographiques.


Infractions nouvelles.

Le parquet des mineurs de Bordeaux est de plus en plus souvent saisi pour des affaires de consultation, d'enregistrement ou de diffusion sur Internet de tels documents, qu'il s'agisse de photographies ou de vidéos. Tous ces actes constituent autant de délits qui peuvent mener leurs auteurs en prison durant cinq années.
Les dérives d'Internet ont par ailleurs contraint le législateur à s'adapter. Ainsi, la simple consultation est désormais punie, et de nouvelles infractions ont fait leur apparition avec la loi du 5 mars 2007. Faire des propositions sexuelles à un mineur de moins de 15 ans par communication électronique est désormais un délit passible de deux ans de prison. Si les acteurs passent du virtuel au réel, si une rencontre a lieu entre l'adulte et le mineur « dragué » sur la Toile, alors la condamnation peut atteindre cinq ans de détention.
L'explosion d'Internet est à l'origine de comportements nouveaux et d'infractions inédites qui vont au-delà des faits reprochés au Bordelais inquiété la semaine dernière. On sait que dans certains pays, les images de viols d'enfants sont tournées en vue d'être vendues sur Internet. Ces pratiques ne manquent pas d'inquiéter les défenseurs des enfants.
En juin 2007, lors du procès de quatre internautes girondins détenteurs de clichés à caractère pédophile, le président Reynal avait mis en garde les prévenus. « En tant que consommateurs, vous facilitez la fabrication de ces images où des enfants sont agressés et violés. »
L'avocat bordelais Alexandre Novion représentait ce jour-là l'association agenaise de protection de l'enfance La Mouette, partie civile devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Il avait enjoint les détenteurs de ces photographies immondes à prendre conscience de
leur implication dans une chaîne mondiale.